Attention : le contenu qui suit aborde des événements particulièrement violents et peut heurter la sensibilité de certains lecteurs.
1794, en pleine répression devenue religieuse, dans les champs situés près du village d’Avrillé, les autorités révolutionnaires organisent des exécutions massives de "prisonniers" vendéens alors âgés de 14 à 84 ans.
Après les combats de la fin de 1793, des colonnes de captifs arrivent à Angers : paysans du bocage, soldats vendéens capturés, prêtres réfractaires, mais aussi femmes et enfants, marchant sur le chemin de la mort. Deux bonnes sœurs "Marie-Anne" et "Odile" Baumgarten furent exécutées elles aussi. On compte jusqu'à 400 vendéens exécutés en un jour ; une véritable extermination.
Les prisons étant engorgées, les tribunaux révolutionnaires "jugeaient" à la chaîne, souvent en masse, et les condamnés sont conduits hors de la ville.
Dans les champs d’Avrillé, les groupes sont alignés face aux pelotons d’exécution. Les fusillades se succèdent pendant plusieurs semaines. Les corps sont grossièrement jetés dans des fosses communes creusées à la hâte.
Les estimations historiques parlent d'au moins 2 000 victimes exécutées dans ce lieu devenu plus tard le "Champ des Martyrs".
Les colonnes traversent la ville de Clisson comme une tempête de feu. Le général Westermann, grand bourreau de la Vendée, a rapporté d'infâmes propos après avoir commis des atrocités de Savenay à Clisson :
"Il n'y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l'enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré des femmes, qui, au moins pour celles-là, n'enfanteront plus de Brigands. Je n'ai pas de prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé. Un chef de Brigands, nommé Designy, a été tué par un maréchal-des-logis. Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d'étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que, sur plusieurs endroits, ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay ; car, à chaque instant, il arrive des Brigands qui prétendent se rendre prisonniers. Kléber et Marceau ne sont pas là. Nous ne faisons pas de prisonniers ; il faudrait leur donner le pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolutionnaire".
A Clisson, les maisons sont incendiées, les granges brûlent, les rues se couvrent de débris, de cadavres et de cendres. Les habitants qui n’ont pas réussi à fuir sont abattus ou dispersés dans la campagne. Beaucoup tentent de se cacher dans les bois ou les chemins creux du bocage, mais la ville elle-même est condamnée, plus de 2 000 vendéens sont exécutés, représentant la quasi totalité de la ville.
Les flammes dévorent les habitations, les bâtiments publics et une grande partie de la cité médiévale historique. Lorsque les troupes quittent les lieux, Clisson n’est plus qu’un paysage de ruines fumantes.
Pendant des années, la ville reste presque abandonnée. Les voyageurs qui traversent la région évoquent un "bourg fantôme", marqué par les murs effondrés et les maisons calcinées.
Clisson devient alors l’un des symboles de la politique de terre brûlée menée dans la Vendée insurgée.
Dans le bocage vendéen, la paroisse de La Gaubretière connaît elle aussi la violence des colonnes infernales en 1794. Aux yeux des autorités révolutionnaires, la population vendéenne devient suspecte dans son ensemble.
Lorsque les colonnes républicaines arrivent dans la paroisse de la Gaubretière, la panique gagne les habitants. Certains tentent de fuir à travers les chemins creux du bocage tandis que d’autres se cachent dans les fermes ou les granges.
Mais les soldats progressent méthodiquement. Les maisons sont fouillées, les habitations incendiées. Les habitants surpris sur leur chemin sont froidement abattus. Les flammes gagnent les toits de chaume et les fermes se consument rapidement.
Des familles entières disparaissent dans cette violence. Les survivants, souvent dispersés dans la campagne, découvrent après le passage des troupes un village ravagé, où les maisons brûlées et les corps abandonnés témoignent de la brutalité de la répression.
Des témoins évoquent des maisons brûlées avec leurs habitants, des familles massacrées et des villages vidés de leurs habitants.
Pour commémorer ce lourd passé, un "panthéon" a été inauguré. Il porte le nom de "Panthéon de la Vendée Militaire" (voir l'image).
Chaque famille contemporaine ayant une ascendance vendéenne durant cette période a au moins un(e) ancêtre ayant été tué(e) durant cette guerre et ce génocide vendéen.
Durant les guerres de Vendée et la terrible répression qui s’ensuivit, des dizaines de paroisses furent ravagées, leurs habitants dispersés, emprisonnés ou exécutés. Villages incendiés, familles brisées, campagnes dévastées. La région entière fut marquée par une violence dont les cicatrices demeurent encore dans la mémoire des lieux.
Sur cette page ont été évoqués quelques-uns des massacres les plus marquants de cette période sombre. Ils ne représentent pourtant qu’une part de la tragédie, car bien d’autres villages et paroisses connurent des souffrances semblables, parfois sans laisser d’autres traces que les souvenirs transmis de génération en génération.
Ainsi s’achève cette page lourde de mémoire.
Que le souvenir de ces événements demeure non pour raviver la haine, mais pour rappeler le prix humain des guerres civiles.
Prions pour les âmes de tous les innocents qui périrent durant ces tragiques années.